Une petite communauté fraternelle ouverte à tous ceux et celles, de toutes confessions chrétiennes, qui veulent s’entraider à vivre l’Évangile.
La communauté Copam est reconnue par le diocèse catholique de Montréal.
Historique
Copam a été fondée en 1972 par un petit groupe de personnes vivant essentiellement dans Hochelaga-Maisonneuve.
Au plan légal, c’est une corporation à but non lucratif, dont les responsables sont élus par l’Assemblée générale.
Actuellement les membres viennent de plusieurs lieux (Montréal, Laval, Longueuil, Drummondville).

Lettre au Cardinal Jean-Claude Turcotte,
archevêque de Montréal
Au Cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal
Copie à Gilles Cazabon, Président de l’Assemblée des Évêques
Cher frère évêque,
C’est avec intérêt que nous avons pris connaissance, au cours des dernières semaines, des interventions fort médiatisées d’un groupe de dix-neuf prêtres québécois et de la Conférence religieuse canadienne. Parce que nous aimons notre Église et que nous la souhaitons de plus en plus fidèle à l’œuvre en Elle de l’Esprit, nous aimerions à notre tour te faire sincèrement part de ce qui nous préoccupe afin que nous puissions, tous ensemble, poursuivre notre travail de conversion à l’Évangile de Dieu.
Nous portons en nous, depuis fort longtemps parfois, une grande souffrance. Tout comme toi, nous avons assisté, depuis une quarantaine d’années, au départ massif et souvent silencieux de milliers et de milliers de catholiques québécois. Ce sont nos parents, nos frères et sœurs, nos amis… Certains se sont tournés vers d’autres confessions religieuses ou ont cédé à l’indifférence. Plusieurs autres qui, par ailleurs, avaient été des fidèles actifs et engagés, continuent toujours à se nourrir de l’Évangile, mais se retrouvent aujourd’hui seuls et isolés. Que s’est-il donc passé? Pourquoi ce phénomène? Quelle lecture pouvons-nous en faire? Beaucoup de choses ont déjà été dites ou écrites à ce sujet mais se pourrait-il, qu’au-delà des explications habituellement fournies, il y ait aussi dans cette situation, pour nous catholiques, un signe de l’Esprit? Comment se fait-il que le fait de confesser la foi catholique dans le Québec d’aujourd’hui soit souvent perçu comme anachronique et dépassé? Nous aimerions te faire part de certaines de nos réflexions.
La communauté de Jésus
La communauté autour de Jésus essentielle à la vie chrétienne
Jésus est pour ses disciples l’image parfaite du Père Éternel.
Ceux et celles que sa personne et son Évangile ont marqués se réunissent en communauté à taille de famille spirituelle pour s’entraider à vivre comme Lui et par Lui.
Qui est mon frère, ma sœur… ceux qui écoutent ma Parole et la mettent en pratique.
C’est toujours en famille, en fraternité que le christianisme est allé vers les autres; c’est le fait d’être ensemble avec le Christ qui peut changer le monde. Être Un comme le Père et le Fils sont Un… afin que le monde croie que tu m’as envoyé (cf. Jn 17, 21). On se réunit pour faire un avec le Christ, et un ensemble, et attirer les autres dans cet amour.
Ainsi la communauté n’est pas d’abord un organisme juridique, une institution mais elle avant tout un laboratoire où se fabrique l’unité par la charité. Vivre en Église, vivre l’Église, c’est cela : vivre un laboratoire de bonté par la force de l’Esprit de Jésus.
La communauté est un enfantement difficile
Elle est orientation à l’autre pour être un avec lui. Se prendre en charge mutuellement de telle manière que tout ce qui manque à chacun, la communauté entière en soit responsable. Il faut nous assumer les uns les autres tels que nous sommes : ‘Qui est triste sans que je sois triste avec lui?’.
En même temps il faut être conscient que l’unité ce n’est pas l’uniformité : on a toujours plus ou moins la tentation de l’unité confortable où tout le monde aurait envie de tout faire de la même manière en même temps. Il faut essayer, au contraire, de voir la personnalité de chacun et s’arracher les idées toutes faites qu’on a des autres.
Ce respect de la personne nous oblige aussi à porter une sérieuse attention aux problèmes économiques et sociaux plus vastes, - sinon notre amour sera platonique.
Une fragilité pour la communauté serait de se contenter de l’amitié, de la camaraderie, de l’affection; il faut que ce soit l’amour du Christ qui nous soude les uns aux autres.
Ainsi celle, celui qui est le moins favorisé-e à tous points de vue doit tenir une place privilégiée dans la communauté. Nous avons à recevoir l’Évangile de la main des petits et des pauvres. Ils en sont les premiers témoins. Ils doivent être longuement écoutés pour nous enrichir de leur pauvreté. C’est là un des sens de la catholicité de la communauté que son ouverture à tous.
La présence de Jésus dans la communauté devrait nous donner un profond respect pour elle : elle amène le Christ avec elle. Avec lui, c’est cet amour, la « divine bonté » que nous devons sans cesse réapprendre, dont la dimension est telle que jamais elle ne regarde notre frère, notre soeur sans voir sa dimension divine.
La mission de Copam, comme de toute communauté chrétienne, est donc de bâtir l’Église, de rendre l’Église signifiante à travers des communautés réelles, à taille de fraternité.
Mais ce rassemblement dans le Christ n’est pas une génération spontanée :
il faut un noyau, un levain : la Fraternité me semble avoir ce rôle.
La souffrance des disciples de Jésus
Jésus fait de ses disciples des Envoyés pour que le monde connaisse le Père, non seulement comme le Dieu de justice mais comme Dieu de tendresse et de compassion.
Certes, nous ne serons jamais assez souffrants des injustices qui défigurent l’être humain.
Mais cette misère semble atteindre son paroxysme quand elle s’abat sur le petit et le pauvre. Non pas seulement parce que le pauvre est dénué d’autres biens, mais parce que, au seuil même de Dieu, il en est souvent détourné. Être sans Dieu ni espérance dans le monde doit être pour nous la misère absolue.
« L’homme, dira Marx, ne peut être son propre maître que lorsque c’est à lui-même qu’il doit son existence... L’athéisme est une négation de Dieu et par cette négation de Dieu pose l’existence de l’homme. » De Nietzsche, six lignes résument la pensée : « Hommes supérieurs, ce Dieu a été votre plus grand danger. Vous n’êtes ressuscités que depuis qu’il gît dans la tombe. C’est maintenant seulement que vient le grand midi; à présent l’homme supérieur devient maître... Maintenant seulement la montagne de l’avenir humain va enfanter. Dieu est mort, maintenant nous voulons que le surhomme vive ».
Or, ces pensées nous les retrouvons bien souvent dans notre monde actuel sous la forme d’un matérialisme pratique où, pour beaucoup, la consommation est devenue l’Absolu.
Cet athéisme pratique nie la dimension immortelle, divine, de l’être humain.
Le plus souvent, les institutions d’Église n’apportent guère au monde cet Évangile où simplicité de vie et compassion de bonté sont les témoins du Dieu de Jésus.
Pour beaucoup de nos contemporains, l’Église n’apparaît pas comme un Esprit unifiant la multitude, mais comme des individus dispersés. Ce manque de témoignage des communautés de l’Église doit être notre souffrance. Une souffrance qui est tout à fait nôtre dans la mesure où nous sommes loin de bien réaliser la mission que Jésus nous confie. Il nous faut donc faire ensemble l’expérience d’une bonté en perpétuel travail pour vivre concrètement l’unité qui rassemble l’Église.
Les repas de fraternité autour de la Parole ou partages d’Évangile
Il me semble qu’ils peuvent assumer un double rôle :
- d’abord former des cellules de la communauté lorsque celle-ci, par sa taille, ne permet pas aux membres de se connaître suffisamment pour partager en profondeur afin d’appliquer l’Évangile à leur vécu le plus quotidien;
- en second lieu (mais pas secondaire) ils peuvent être, pour la communauté de Copam, des lieux d’échange avec celles et ceux qui ne partagent peut être pas notre foi mais sont témoins de valeurs humaines qui peuvent nous enrichir. Ensemble, nous pouvons nous entraider à vivre et bâtir un monde selon Dieu.
Ces Repas (cf. Autour de la table) me semblent nécessaires pour que nous soyons sel de la Terre (communauté réelle) et lumière pour le monde (communauté signifiante de l’Évangile). Ils sont donc à la fois formateur de la communauté et ouverture de cette communauté à ceux et celles en qui l’Esprit de Jésus agit pour un monde meilleur.
Georges
Ce texte est pétri de la pensée et des écrits de Jacques Loew et de Madeleine Delbrêl.

